Message de la Division des relations extérieures du F.D.L.P Aux partis politiques et aux forces sociales à travers le monde
Au cours des derniers mois, les positions européennes et occidentales à l›égard des crimes commis en Cisjordanie occupée ont connu une évolution relative. Plusieurs États, ainsi que l›Union européenne, ont annoncé des sanctions visant des colons, des organisations et des entreprises liées au projet de colonisation. Ces mesures comprennent le gel des avoirs, des interdictions de voyage, des restrictions sur les transactions financières et d›autres mesures, en réponse à des violations du droit international, notamment le transfert forcé de population, la confiscation des terres, les homicides de civils, les agressions contre les Palestiniens et les atteintes aux perspectives de la « solution à deux États ».
Si ces initiatives constituent une reconnaissance, certes tardive, des crimes commis par Israël, elles demeurent en deçà des obligations imposées par le droit international. Elles se limitent à sanctionner un nombre restreint d›individus et d›organisations, tout en éludant la responsabilité de la puissance occupante et de ses institutions officielles, qui conçoivent, légalisent, financent et protègent la colonisation. Celle-ci n›est pas le fait d›initiatives individuelles, mais une politique gouvernementale systématique mise en œuvre dans le cadre d›un projet officiel visant à imposer une annexion de fait et à compromettre le droit du peuple palestinien à l›autodétermination. Une telle politique exige que l›État lui-même soit tenu juridiquement responsable, et non seulement certains individus.
Les rapports des Nations Unies et de nombreuses organisations internationales de défense des droits humains ont confirmé que l›armée israélienne ne se contente pas de ne pas empêcher les attaques des colons : elle leur assure une protection et participe directement aux opérations de meurtre, d›arrestation, de déplacement forcé, de démolition d›habitations et de confiscation des terres. Limiter les sanctions aux seuls colons et aux organisations de colonisation revient, dans les faits, à exonérer l›État de sa responsabilité juridique et politique et lui laisse une marge de manœuvre pour poursuivre ses politiques de colonisation et d›annexion sans véritable conséquence.
Cette approche soulève également des interrogations quant à la cohérence des positions européennes et occidentales. Il est difficile de concilier la reconnaissance de l›illégalité de la colonisation et les mises en garde contre la remise en cause de la solution à deux États avec la poursuite de la coopération politique, militaire et économique avec Israël, le maintien des accords de partenariat et des avantages commerciaux, ainsi que la poursuite des livraisons d›armes, qui contribuent directement ou indirectement à la poursuite des violations.
La responsabilité des États européens et occidentaux ne saurait se limiter à condamner les violations ou à imposer des sanctions limitées. Elle exige l›adoption de mesures effectives visant à mettre fin à la situation illicite créée par Israël dans le territoire palestinien occupé, conformément aux obligations découlant du droit international, qui interdisent de reconnaître comme licite une situation résultant de violations graves ou de fournir une aide contribuant à son maintien.
Dans cette perspective, tout en saluant, au sein de la Division des relations extérieures du Front démocratique de libération de la Palestine, toute mesure européenne ou internationale contribuant à la mise en cause des auteurs de crimes commis contre le peuple palestinien, nous affirmons que la justice ne peut être rendue en sanctionnant uniquement certains individus tout en laissant la puissance occupante et ses institutions à l›abri de toute responsabilité.
En conséquence, il est indispensable de passer d›une politique de sanctions partielles à une politique de responsabilité globale, fondée sur l›adoption de mesures juridiques, politiques et économiques à l›encontre d›Israël et de ses institutions officielles, la suspension de toutes les formes de coopération contribuant au maintien de l›occupation et de la colonisation, l›arrêt des exportations d›armes utilisées pour commettre des violations, ainsi que la mise en œuvre des obligations découlant des résolutions des Nations Unies et des décisions de la Cour internationale de Justice. Ces mesures doivent conduire à la fin de l›occupation, au démantèlement du système de colonisation et permettre au peuple palestinien d›exercer son droit inaliénable à l›autodétermination et à établir son État indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale.
Sans une mise en cause effective de la responsabilité de la puissance occupante elle-même, les sanctions limitées resteront incapables de s›attaquer aux causes profondes du conflit ou d›assurer le respect du droit international.
